La mode entre les années 40 et 50

AuteurPar la rédaction
Mis en ligne Janvier 2012
Dossier Histoire de la mode
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Les tenues utilitaires durant l’Occupation
Les tenues utilitaires durant l'Occupation

Pendant la Seconde Guerre, la mode fait dans la récupération. La restriction générale oblige les maisons de couture a fermer leurs portes. La loi exige que la confection d’un manteau ne doive utiliser plus de 4 mètres de tissus par exemple. Ainsi les jupes se retrouvent plus courtes et la taille plus cintrée. Les tenues sont sobres et simples.

Les tendances de mode pendant et après la guerre dans les années 40-50

À la fin des années 30, ce que le monde redoutait arrive de nouveau... Lorsque les « Poilus » de la Première Guerre sont revenus du front, l’Europe se disait « Plus jamais ça ! ». En 1939, l’Allemagne envahit l’Europe et part en guerre. L’économie se focalise sur les armements et le ravitaillement des troupes. L’industrie textile se retrouve au point-mort !

De 1939-1945, l’heure est au rationnement, même le tissu est soumis à des restrictions. Les années 40 et 50 virent l’influence de grandes maisons de couture telles que Dior, Balmain et Chanel en plein essor, jusqu’à la fin des années 50. Le prêt-à-porter voit le jour à la même époque. Alors que sous l’occupation, l’Allemagne veut transférer l’industrie de la mode à Berlin ou Vienne, la Mode verse dans la Résistance.

Certes, la Haute Couture subit une pénurie de matières premières durant la guerre mais qu’à cela ne tienne, car malgré l’occupation allemande, les françaises veulent rester élégante et faire honneur à la Haute Couture made in France ! Et même si les maisons Chanel et Vionnet ferment leurs portes et arrêtent leurs activités, les femmes s’adaptent aux restrictions.

La « mode de la récup’ » rime alors avec l’apparition de jupes raccourcies, de la taille ceinturée et des manches ballons. Le manteau se porte désormais court comme une veste d’homme et de manière superposée pendant l’hiver. Les silhouettes sont structurées et géométriques. Les vêtements sont austères et simples mais les accessoires fleurissent grâce au système D. Les accessoires rivalisent d’originalité et d’extravagance durant cette époque pour égayer les tenues les plus austères.

La restriction générale fait que les femmes récupèrent les rideaux et les peignoirs de bain pour confectionner leurs robes. Les motifs fleuris, carreaux et rayures foisonnent. Le bas nylon apparu au début des années 40 disparait pour laisser place au bas de laine. Le cuir et le caoutchouc utilisés pour la fabrication des semelles de chaussures ayant été réquisitionnés, les premières chaussures compensées en bois ou en liège font leur apparition. Les revues comme Marie-Claire ou Mode et Travaux publient des articles pour confectionner ses chaussures soi-même avec des matériaux de récupération.

Il faut dire qu’à l’époque, les accessoires étaient souvent utilisés dans le cadre de campagnes pour l’appel à la Résistance. Des carrés de soie avec l’effigie du Général de Gaulle ou encore de couleurs bleu, blanc et rouge étaient alors confectionnées.

Après la fin de la Seconde Guerre, l’industrie textile reprend petit à petit ses activités. Les femmes veulent retrouver le faste des fêtes de la victoire. Les femmes adoptent une silhouette plus féminine, contrairement à la mode des « années folles ». Après avoir endossé le « bleu de travail » des hommes durant la guerre, les femmes veulent montrer leurs courbes à l’image de la « Pin up » américaine.

La mode est aux robes laissant voir des épaules nues et aux décolletés en U sous les capes. Comme un signe de révolte à la restriction durant la Seconde Guerre, les jupes prennent des centimètres en plus. Un certain Christian Dior, qui vient d’ouvrir sa maison de couture, dévoile la collection « Corolle » en 1947 lors de la présentation de sa toute première ligne de vêtements.

La silhouette est très féminine avec une taille très marquée, une jupe à 30 cm du sol, un corsage à basque et épaules arrondies et une poitrine en avant. Les talons aiguilles font eux aussi leur grand retour : c’est le New Look. Le style de la maison Dior sera la source d’inspiration de la mode durant les années 50. En 1954, la maison Dior présente la ligne A caractérisé par une taille un peu descendue, l’année suivante la ligne Y voit le jour, les épaules sont larges et la jupe étroite. En 1957, à la mort de Christian Dior, son tout jeune assistant Yves Saint Laurent reprend le flambeau et présente la ligne « trapèze » faites de robes droites et triangulaires.

Les années 50 marquent aussi le retour de la maison Chanel. Comme réponse au New Look de Dior, Mademoiselle Chanel dévoile l’ancêtre du tailleur en tweed, qui deviendra un autre classique de la garde-robe de la femme moderne. Coco Chanel impose son style de femme androgyne portant des vêtements amples aux coupes droites. Le tailleur en tweed à motifs écossais, décoré de boutons-bijoux et orné d’une ganse de couleur contrastée sur une blouse de soie fait son entrée en 1954. En 1955, la maison Chanel lance également le sac matelassé, qui deviendra un grand classique de l’univers de la maroquinerie.

En grande perfectionniste, Coco Chanel pense aussi aux chaussures et dessine l’escarpin bicolore, qui affine et allonge la jambe. La seconde collection connaît un succès phénoménal. Chanel retrouve sa place dans le monde de la haute couture française.

Dans un même temps, un autre futur grand couturier, Pierre Balmain se fait connaitre avec la collection « Jolie Madame ». Après la Der des Ders, la femme Balmain rejette les traces de la guerre avec charme et insolence en arborant des pièces brodées. Pierre Balmain a une certaine idée de l’élégance, il offre aux femmes actives la mode soignée et désinvolte avec une taille marquée, une jupe longue et droite, ainsi que des épaulettes.

À la fin de la décennie 50, la mode prend une autre tournure avec la robe « Sack » aux lignes droites d’Hubert de Givenchy. Durant cette décennie également, les matières synthétiques comme le nylon, le tergal ou le crylor séduisent de plus en plus les ménagères pour la facilité d’entretien et de repassage.

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Les tenues utilitaires durant l’Occupation

Pendant la Seconde Guerre, la mode fait dans la récupération. La restriction générale oblige les maisons de couture a fermer leurs portes. La loi exige que la confection d’un manteau ne doive utiliser plus de 4 mètres de tissus par exemple. Ainsi les jupes se retrouvent plus courtes et la taille plus cintrée. Les tenues sont sobres et simples.

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La silhouette de la maison Dior

A la fin de la guerre, la maison Dior présente "le New Look" avec la ligne corolle. Comme pour faire un pied de nez à la restriction, le couturier utilise avec abondance les tissus pour concevoir ses pièces. Le femme Dior a une taille marquée et les épaules arrondies. La féminité est au cœur de chaque collection.

puce Infos : Dior

L’apparition des chaussures compensées

La privation a fait naître des tendances qui seront plus tard reprises dans le code vestimentaire. Faute de matière première pour la fabrication de semelle de chaussures, les compensées font leur apparition. Ces chaussures s’avèrent être de chefs d’œuvres artisanaux de première ordre.

puce Infos : Chaussures compensées

Le petit tailleur de Chanel

En opposition à la ligne corolle de Dior, Coco Chanel présente le petit tailleur en tweed en 1954. La coupe et droite et la jupe arrive à hauteur du genou. Sans oublier les accessoires comme les rangées de perles et les gants.

puce Infos : ChanelTailleur

La ligne "Jolie Madame" de Balmain

Suite à la sortie de son premier parfum baptisée "Jolie Madame" en 1953, la maison Balmain lance une collection qui porte le même nom. Cette collection deviendra la figure de proue de la maison Balmain.

puce Infos : Balmain

L’actrice Brigitte Bardot en couverture de ELLE

Durant les années 50, l’actrice Brigitte Bardot instaure l’imprimé vichy. Elle sera l’une des première célébrité à créer une tendance. Avec la ligne corolle, la jeune actrice marquera toute une génération d’hommes et de femmes.

puce Infos : Brigitte BardotImprimé Vichy