Les « Années Folles » de la mode (de 1920 à 1939)

AuteurPar la rédaction
Mis en ligne Janvier 2012
Dossier Histoire de la mode
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La silhouette
La silhouette "planche" des années 20

Durant les années 20, la mode était aux robes fluides. Le chapeau cloche était indissociable de la tenue de sortie et les cheveux étaient portés courts. Les années 20 furent l’époque des "ni-ni" en matière de mode : ni-seins, ni-hanches, ni-fesses.

La mode des années 20-30 marquée par l’insouciance et la libération de la femme

Au début des années 1920, le monde se remet à peine de la Première Guerre qui paralysa le monde. La libération est dans l’air du temps et influence grandement les tendances de mode. L’industrie du textile reprend ses activités et la Haute Couture prend son envol. Les tenues s’inspirent surtout de l’état d’esprit des femmes.

La femme garçonne est une figure emblématique de cette décennie. Elle fume en public, a les cheveux courts, conduit dangereusement vite, puise dans la garde-robe de Monsieur son costume, et son physique s’amincit. La recherche de la minceur apparaît pour la première fois et la conception de la mode telle que nous la connaissons voit désormais le jour.

Ce vent de liberté qui souffle sur l’Europe à la fin de la Première Guerre est imputé au rôle de l’armée américaine dans la victoire militaire. Paris s’amuse et brille de nouveau. Les courants musicaux venus de l’autre côté de l’Atlantique enivrent. Le rythme est de plus en plus accéléré, Paris découvre le jazz, le charleston et Joséphine Baker.

La femme des années 20 refuse le retour au corset qui l’emprisonne. Durant la guerre, elle travaille pour remplacer les hommes partis au front et y prend goût. Désormais, la femme est indépendante et libre de ses mouvements.

La mode de l’époque des années 20 se compose de vêtements fluides avec une « taille basse », des tenues confortables et pratiques. La mode s’inspire du mouvement artistique Art Déco, présenté à Paris lors d’une exposition au Musée des Arts Décoratifs en 1925. Les courbes sont délaissées pour laisser place aux lignes épurées et droites.

La « silhouette planche » impose une garde-robe où les vêtements ne soulignent aucune particularité de la féminité. Les hanches, les seins et les fesses paraissent aussi plats que possible. La petite révolution de cette décennie tient sur le fait que la femme découvre un peu plus son corps : les bras et le cou sont dénudés pour dévoiler un teint basané. La longueur des robes remonte un peu au dessous des genoux pour laisser les jambes nues.

La femme s’habille seule désormais ! Fini les corsets ! Instruments de douleur qu’il faut tirer jusqu’à en avoir le souffle coupé. Les vêtements s’enfilent simplement sans un excès de couches. Les femmes empruntent le smoking et la cravate aux hommes. Le chapeau est toujours à la mode mais s’affiche en se voulant moins ombrageux.

Le chapeau « cloche » recouvre uniquement les cheveux courts pour les sorties et la tenue principale se compose d’une robe-chemise ample et d’un chapeau cloche.

Le soir, après le travail, la femme se pare de bijoux et de plumes pour aller « s’encanailler » au Music Hall. Elle est coquette et aime tout ce qui brille. Les colliers de perles et les plumes sont les nouveaux accessoires de mode. Les robes sont faites de franges, de magnifiques broderies, de strass et de sequins. Les chaussures à talons sont moins hautes et plus confortables mais brillent tout autant que les robes.

La couturière Gabrielle « Coco » Chanel présente la petite robe noire en 1926 qui deviendra un basique de la garde-robe de la femme moderne. Le noir réservé aux enterrements, La petite robe noire se porte en toutes circonstances et ce sont les accessoires auxquelles on l’associe qui définissent le style. Mademoiselle Chanel, comme on l’appelait parfois, introduit le chandail et le blazer en vêtements que les femmes portaient occasionnellement.

Dans un autre univers, Madeleine Vionnet présente son fameux drapé. La créatrice revient à l’élégance traditionnelle et aux courbes dans les années 30. La femme selon Madeleine Vionnet dévoile désormais ses hanches avec la coupe en biais et cache ses jambes sous de longues robes du soir.

La crise économique de 1929 met un terme à la frénésie des années 20. La mode fait un retour à la classe des années d’avant-guerre. Le corsage revient sous forme de gaine et aplatit le ventre. Le tailleur est adopté pour le jour, les robes s’adaptent aux activités de chacune. Le sport influence la mode et en 1933 le short commence à se faire voir sur les plages sans la pudeur propre à cette époque. Le chapeau est toujours tendance mais se porte sur le côté.

La maison L’Oréal popularise les teintures pour cheveux blancs, et les cheveux sont de plus en plus bouclés ou ondulés. Le pantalon entre définitivement dans la garde-robe féminine en 1939.

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    La silhouette "planche" des années 20

    Durant les années 20, la mode était aux robes fluides. Le chapeau cloche était indissociable de la tenue de sortie et les cheveux étaient portés courts. Les années 20 furent l’époque des "ni-ni" en matière de mode : ni-seins, ni-hanches, ni-fesses.

    puce À voir dans : Les « Années Folles » de la mode (de 1920 à 1939)

    Joséphine Baker, la célèbre meneuse de Revue

    Considérée par beaucoup comme la première star noire, Joséphine Baker est une chanteuse et meneuse de revue. Elle s’est fait connaître en Europe, en dansant aux Folies Bergères en 1926. Son extravagance et sa coupe de cheveux ont fait d’elle, une véritable icône de ce que l’on appelle la "femme garçonne".

    Le drapé élégant de Madeleine Vionnet

    La couturière Madeleine Vionnet se fait connaître grâce à ses longues robes du soir qui soulignent désormais les hanches. Spécialiste du drapé, Madeleine Vionnet approfondie la coupe en biais, dont la finition couture n’est pas facile.

    puce Infos : Robe longueVionnet

    Une tenue de soir typique des "années folles"

    Durant les années 20 et 30, le charleston se danse sans fin. Les accessoires du soir sont les plumes et les bijoux. La robe charleston à franges est un grand classique de l’époque. La femme se montre avec une cigarette à la main, autre signe de son émancipation.